Installation de la dépendance

Le tabagisme et notamment la nicotine contenue dans les cigarettes entraîne chez le fumeur des dépendances psychologiques, comportementales et éventuellement pharmacologiques.

Le tabagisme est un comportement acquis, entretenu et amplifié par une dépendance, dont la nicotine est responsable. La nicotine inhalée avec la fumée est très “addictive”. Cette substance agit sur les mêmes structures cérébrales que l’héroïne et la cocaïne.

80 % des fumeurs ont commencé à fumer avant l’âge de 18 ans. L’initiation au tabagisme est un phénomène social. La première cigarette fumée par le jeune adolescent est un acte purement volontaire, d’imitation, d’initiation : on fume pour faire comme les autres, avec des amis, lors de soirées… sans se douter que l’on est en train de mettre en route une machine infernale, celle de la dépendance. La probabilité d’être soi-même fumeur est sept fois supérieure si notre meilleur ami fume. La première cigarette apparaît rarement plaisante, et pourtant elle sera, la plupart du temps, suivie de bien d’autres.

Le cerveau du fumeur va intégrer assez rapidement certains effets ressentis comme “positifs” et liés à l’usage de la cigarette : sensation de plaisir, de détente, de satisfaction, de stimulation intellectuelle, de soutien pour le moral.

Le jeune fumeur, à son insu, va prendre l’habitude de rechercher ces sensations dans la vie de tous les jours. Déjà, une dépendance psychologique et comportementale s’est installée.

Ce n’est que plus tard, mais pas systématiquement, qu’une dépendance pharmacologique peut naître. Le cerveau réclame alors sa dose quotidienne de nicotine. Fumer devient un besoin vital, dont le contrôle échappe totalement au fumeur (il en est de même de toutes nos fonctions vitales, comme la régulation de la glycémie). Devenu dépendant à la nicotine, le fumeur ne fume pas seulement pour les effets positifs de la cigarette, dans certaines circonstances, mais pour éviter une sensation de manque qui se manifeste dès qu’il est privé de nicotine.

Plus l’initiation au tabagisme aura été précoce, plus les risques de voir s’installer une dépendance sont importants. Une première cigarette fumée à 7 ou 8 ans juste “pour voir”, même si elle reste isolée pendant quelques années, est déjà un pas vers la dépendance.

De même, plus l’enfance ou l’adolescence ont été tumultueuses avec des violences et des angoisses, plus le chemin de la cigarette est ouvert.

La publicité joue un rôle dans l’installation du tabagisme

Directe ou distillée dans notre quotidien (Formule 1, cinéma, photographies de personnalités en train de fumer, stands de tabac lors d’exposition, festival, tournoi de tennis), la publicité joue un rôle dans l’installation du tabagisme. Indirecte, elle touche de plein fouet les futurs consommateurs et renforce dans leur pratique les fumeurs. Les techniques de communication de l’industrie du tabac utilisent très largement les théories psychanalytiques pour séduire et rendre la cigarette indispensable.

Ainsi, le fumeur sera victime, piégé, manipulé, sauf s’il a appris à déchiffrer avec discernement les stimuli visuels dont il est entouré.

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