Organes concernés

Gorge, langue

La gorge est la première voie de pénétration de la fumée de cigarette. Le tabac y provoque plusieurs types de lésions.

La fumée de cigarette est un aérosol de 4 000 composés chimiques, parmi lesquels de nombreuses substances irritantes et cancérogènes. Selon le type de cigarette fumée, l’intensité et la durée du tabagisme, différentes lésions peuvent apparaître, de la simple gorge rouge au cancer de la gorge et du larynx, sans oublier les lésions des cordes vocales et les lésions parodontales (gencives).

Les effets sur la zone buccale

Une récente campagne de santé canadienne insiste sur les risques du tabac et, en particulier, sur les risques inesthétiques au niveau des dents et des gencives. Ces risques, les plus visibles, sont peut-être parmi les plus susceptibles d’avoir un impact sur les jeunes fumeurs. Par ailleurs, il faut savoir que 74% des cancers de la bouche et 87% des cancers du larynx sont attribuables au tabac, associés, dans un grand nombre de cas, à l’alcool. Le risque est plus élevé chez les fumeurs de cigarettes sans filtre et chez les fumeurs de tabac brun, en particulier les fumeurs de pipe.

 

Les conséquences bucco-dentaires du tabagisme sont nombreuses, altérant de façon visible l’éclat du sourire. La fumée de tabac modifie le pH (acidité) de la salive. La fumée de tabac blond a un pH acide aux alentours de 5 et la fumée de tabac brun a un pH alcalin aux alentours de 8, alors que le pH normal de la bouche est de 6,7. Cette modification, surtout si elle est associée à une mauvaise hygiène bucco-dentaire, augmente le risque de développer des caries et accélère l’évolution des lésions initiales de déminéralisation de l’émail des dents, en particulier chez la femme enceinte fumeuse. Des tâches brunes et grisâtres disgracieuses en sont le témoin visible. Le tabac noircit les dents et favorise le dépôt de tartre brun.

L’effet vasoconstricteur (qui diminue le calibre d’un vaisseau par contraction) du tabagisme altère la circulation du sang dans la gencive et la muqueuse buccale. A plus long terme, le tabac amène l’altération physiologique de l’os alvéolaire, entraînant la création de poches parodontales.

Le point de départ est toujours la plaque bactérienne, le tabac venant en accentuer les effets. Par ailleurs, le tabac (chique, cigarette, cigare, pipe) est directement responsable de l’apparition de leucoplasies (lésions précancéreuses), de leucokératoses du palais (plus souvent chez les fumeurs de pipe, causées par les goudrons et la chaleur de la fumée), de leucokératoses de la langue ou “langue du fumeur”, de gingivites ulcéro-nécrotiques aïgues (maladie de Vincent). On peut citer aussi la “langue noire velue”.

Pharynx et Larynx

Le pharynx (partie haute de la gorge) et le larynx (partie basse de la gorge) sont particulièrement touchés par la fumée de tabac, très dense et très chaude. Les grosses particules en suspension dans la fumée s’y déposent préférentiellement. Les cordes vocales sont également agressées, de même que la langue, les lèvres et les glandes salivaires.

Chez les fumeurs de pipe, les effets de la chaleur sont souvent rapides et intenses, provoquant des brûlures chroniques des lèvres et du bout de la langue qui font le lit du cancer. Le risque dépend de la quantité de tabac fumé et de la durée du tabagisme.

74 % des cancers de la bouche et 87 % des cancers du larynx sont attribuables au tabac, sachant que intoxication tabagique et imprégnation alcoolique sont souvent associées : leurs effets sur le risque de cancer ne font pas que s’additionner, ils se multiplient.

Dans les régions du monde où l’usage de la chique est répandu, le nombre des cancers de la cavité buccale est particulièrement élevé. Plusieurs études ont montré que les chiqueurs de tabac avaient un risque de cancer de la bouche nettement augmenté. Les sous-mariniers suédois fumeurs utilisaient, lors des missions en plongée durant plusieurs mois, du tabac à chiquer (pâte noire qu’ils calaient contre la gencive, en haut des dents) ; ils développaient des lésions parodontales sévères et des cancers de la cavité buccale. Cette constatation, dans les années 1970, engendra l’idée du premier substitut du tabac, la gomme à mâcher nicotinique, premier traitement substitutif de la dépendance tabagique.

Arrêter pour guérir

Il y a toujours un bénéfice à arrêter de fumer, même après l’apparition d’un cancer de la gorge ou de la bouche, car la poursuite du tabagisme après une affection cancéreuse déclarée limite de façon importante l’efficacité du traitement. Les patients qui continuent à fumer pendant la radiothérapie ont une moins bonne réponse au traitement et un moindre taux de survie par rapport aux patients qui arrêtent de fumer. Ces fumeurs ont alors besoin d’être aidés pour arrêter de fumer.

Laisser un commentaire