Les raisons de l’entrée en tabagie ?

« Les parents jouent un rôle décisif dans le comportement tabagique de leur enfant lorsqu’ils fument eux-mêmes, ou lorsqu’ils ont une attitude plus ou moins permissive vis-à-vis de ce comportement », souligne le rapport du Haut Comité de la santé publique (HCSP) de l’année dernière.

L’entourage amical de l’adolescent joue aussi un grand rôle. 62% des adolescents fumeurs ont un « meilleur ami » fumeur, contre 14% chez les non-fumeurs (sondage du CFES).

« Notre société a aboli beaucoup de rites des passage pour accéder au statut d’adulte : durant les années du collège, la cigarette joue ce rôle. En fumant, l’adolescent se dégage de sa famille, s’affirme et intègre un groupe de pairs », explique le psychanalyste Fernando Geberovich, expert en toxicomanie des adolescents.

Plus fondamentalement, le tabagisme est, chez l’adolescent, un signe, plus ou moins grave, de « mal-être » qu’il faut accepter de reconnaître comme tel. Il traduit le besoin d’un produit extérieur pour se donner un apaisement ou une excitation.

Le tableau peut sembler noir, trop noir, mais c’est la réalité qui l’est. Les adolescents qui commencent à fumer tôt et régulièrement ont plus de risques d’utiliser un jour d’autres produits psychotropes : alcool, drogues, médicaments… (étude du CNRS)

Faut-il encore le rappeler : en France, le tabac est à l’origine de plus de 60 000 morts par an, soit une mort sur dix. On prévoit que, dans vingt ans, il y en aura 160 000 par an… « Fumer pendant six ans entre 12 et 18 ans est plus dangereux que de fumer entre 40 et 46 ans, note le cancérologue Henri Pujol. Nous voyons arriver des personnes de 35-40 ans atteintes aux poumons alors que ces cas auparavant étaient rares. Ils ont commencé à fumer dès l’âge de 12 ans ».